Une journée de chantier de 6 heures, garé en surface, coûte 50 € en zone 2 et 75 € en zone 1 au tarif visiteur. Avec l’abonnement PRO Mobile, elle revient à 3 €. Autour de la gare Montparnasse, la frontière passe entre le 6e, en zone 1, et les 14e et 15e, en zone 2. L’écart entre deux petites entreprises tient donc moins à la marque du fourgon qu’aux papiers déposés avant le premier rendez-vous.
Voici les montants en vigueur au 12 octobre 2026, dans l’ordre où traiter chaque démarche.
Le tarif visiteur s’emballe dès la troisième heure
Paris facture le stationnement de surface par tranches de 15 minutes, 6 heures consécutives au maximum, du lundi au samedi de 9 h à 20 h, août compris. En zone 1, une heure coûte 6 €, trois heures 24 € et six heures 75 €. Dans le 14e et le 15e, la grille va de 4 € à 50 €. Faute de paiement, le forfait post-stationnement s’élève à 75 € et 50 € respectivement, minoré de 30 % s’il est réglé sous 9 jours.
Les utilitaires échappent au tarif « véhicules lourds » créé en octobre 2024 pour les thermiques au-delà de 1,6 t, qui atteint 225 € pour 6 heures en zone 1. Depuis la délibération 2025 DVD 22 de février 2025, les thermiques de catégorie N1 non abonnés paient le tarif visiteur des véhicules légers « quelle que soit leur masse ». Cette masse est lue automatiquement dans le fichier des immatriculations, à la rubrique G de la carte grise. Un Renault Kangoo Van L2 thermique, à 1 605 à 1 735 kg à vide selon la brochure constructeur de juillet 2026, franchit le seuil sans surcoût.
PRO Mobile, le droit des chantiers
Ce droit s’adresse aux professionnels à activité principalement mobile, qui exercent dans Paris, sont domiciliés à Paris ou en Île-de-France et ont un code NAF éligible. Il couvre un véhicule à 4 roues de moins de 3,5 t, de catégorie M1 ou N1, pour 240 € par an puis 0,50 € de l’heure, avec 7 heures consécutives sur tous les emplacements payants de surface. Un modèle basse émission ne paie rien. Le nombre de droits n’est pas plafonné pour les utilitaires, et un abonné professionnel ne paie jamais le tarif lourd.
La demande se dépose en ligne, par courrier ou au guichet, avec un avis de situation SIRENE de moins de 3 mois, depuis la page de paris.fr consacrée aux offres de stationnement pour les professionnels. Le délai annoncé est de 2 jours ouvrés, et changer de fourgon sur le droit coûte 10 €. Selon notre calcul, l’abonnement est amorti en 6 journées de 6 heures en zone 2, en 4 en zone 1, redevance comprise, et 100 journées en zone 2 reviennent à 540 € au lieu de 5 000 €.
Votre entreprise est domiciliée à Paris et le fourgon reste près de l’atelier ? L’abonnement PRO Sédentaire coûte 45 € par an puis 1,50 € par jour, pour 24 heures consécutives dans les voies mixtes des 4 zones résidentielles proches de l’établissement. Ailleurs, il ne couvre rien.
Tarif visiteur
5 000 €
par an
50 € par journée de 6 h en zone 2
Carte PRO Mobile
540 €
par an
3 € par journée, plus 240 € d’abonnement annuel
Écart
4 460 €
par an
en faveur du PRO Mobile, amorti en 6 journées
Ville de Paris paris.fr, tarifs visiteurs d’un véhicule léger et offre PRO Mobile, relevés le 12 octobre 2026
Calcul de la rédaction, pour un utilitaire thermique. Un utilitaire basse émission ne paie ni le droit PRO Mobile ni la redevance. Stationnement payant du lundi au samedi, de 9 h à 20 h.
Le seuil de rentabilité arrive si tôt que tout se joue sur le calendrier, car sans droit actif le jour du premier chantier, chaque heure se paie au tarif visiteur. Déposez la demande dès l’immatriculation. Le délai est court.
Une aire de livraison sert à décharger, trente minutes au plus
Une aire de livraison permet l’arrêt, pas le stationnement. L’arrêté 2020P19283 du 31 décembre 2020 y limite l’arrêt à 30 minutes, disque européen obligatoire, conducteur à proximité et moteur coupé. Les aires périodiques, à ligne jaune discontinue, s’ouvrent à tous la nuit de 20 h à 7 h, le dimanche et les jours fériés, alors que les permanentes, en double ligne jaune continue, restent réservées aux livraisons 24 h/24. Hors de ces cas, comptez 35 € d’amende et l’enlèvement.
Certaines voies désignées interdisent les livraisons de 7 h 30 à 9 h 30 et de 16 h 30 à 19 h 30. Le transit des véhicules de marchandises est interdit dans Paris, hors périphérique et boulevards des Maréchaux. À l’échelle des arrondissements, les données ouvertes de la Ville recensent 316 places de livraison dans le 6e, 522 dans le 14e et 802 dans le 15e.
aire permanente, livraisons 24 h/24aire périodique, ouverte à tous la nuit et le dimanche
211 places en tout, dont 85 aires permanentes et 111 périodiques. 83 aires se trouvent à moins de 500 m de la gare.
Avec 30 minutes de disque, l’aire sert au déchargement, pas au chantier. Vérifiez le marquage au sol avant de couper le moteur, car ces données ouvertes ne sont pas garanties exhaustives par la Ville. Pour une longue immobilisation, si votre fourgon passe sous la hauteur affichée à l’entrée, les parkings souterrains autour de la gare Montparnasse prennent le relais.
ZFE, aucune amende avant 2027 sauf pic de pollution
Dans la ZFE du Grand Paris, les utilitaires légers suivent les règles des voitures. Du lundi au vendredi de 8 h à 20 h, hors jours fériés, sont interdits les Crit’Air 5 et non classés depuis le 1er juillet 2019, la classe 4 depuis le 1er juin 2021 et la classe 3 depuis le 1er janvier 2025. La vignette coûte 3,85 €, et sa classe dépend de l’énergie et de l’année.
- Crit’Air 0. Le moteur est électrique ou à hydrogène.
- Crit’Air 1. Le fourgon roule au gaz, en hybride rechargeable ou à l’essence à partir de 2011.
- Crit’Air 2. Il s’agit d’un diesel à partir de 2011 ou d’une essence de 2006 à 2010.
- Crit’Air 3. Il s’agit d’un diesel de 2006 à 2010 ou d’une essence d’octobre 1997 à 2005.
- Crit’Air 4 et 5. Ces classes regroupent les diesels de 2001 à 2005, puis de 1997 à 2000.
Jusqu’au 31 décembre 2026, les contrôles restent « ponctuels et informatifs ». L’amende de 68 € pour un utilitaire léger s’appliquera à partir du 1er janvier 2027. Une exception joue dès 2026, lors d’un pic de pollution avec circulation différenciée décidée par le préfet. Quant à la proposition de loi d’abrogation n° 2970, examinée à l’Assemblée nationale le 8 octobre 2026, elle n’a pas été votée et aucune date n’est fixée pour la suite.
Un fourgon de classe 3 ou au-delà justifie donc une demande de dérogation avant 2027. L’annexe de l’arrêté de la Métropole en prévoit plusieurs.
- Entreprises de 10 salariés au plus et auto-entrepreneurs. Sous 2 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et avec un engagement à renouveler le véhicule, elles obtiennent 3 ans (1 an en Crit’Air 5 ou non classé), sur présentation de la carte grise et du dernier bilan.
- Véhicules spécialisés. La mention CTTE en J1 ou J3, une benne, un plateau ou une caisse isotherme donnent droit à 3 ans renouvelables.
- Commerçants ambulants. La dérogation dure 1 an, renouvelable 2 fois.
- Remplacement déjà commandé. La commande d’un véhicule de remplacement ouvre droit à 1 an, renouvelable 1 fois.
- Pass ZFE 24h. Il couvre 24 journées par an.
La plus utile reste celle de 3 ans liée à la taille de l’entreprise, puisqu’elle laisse le temps de préparer et de financer le remplacement du fourgon. Le dépôt se fait sur le portail des dérogations ZFE de la Métropole du Grand Paris. Pour votre voiture personnelle, voyez notre article sur le stationnement résidentiel et la ZFE pour les particuliers à Montparnasse.
Un utilitaire N1 récupère la TVA, sauf au-delà de deux rangs de sièges
En catégorie N, la TVA sur l’achat, la location et l’entretien est récupérable, sauf pour une camionnette à 3 rangs de places assises ou davantage et pour un pick-up dès 2 rangs (BOFiP BOI-TVA-DED-30-30-20). Les strapontins ne comptent pas. Sur le gazole et l’essence, l’entreprise récupère 100 % de la TVA, contre 80 % pour une voiture de tourisme (CGI art. 298).
Le plafond de déduction de l’amortissement, de 30 000 € à 9 900 € selon les émissions, ne vise que les véhicules de tourisme. Votre fourgon y échappe, comme au malus, qui épargne les fourgonnettes et fourgons N1. L’ex-TVS ne frappe une camionnette N1 qu’à partir de trois rangs de places assises, et exonère les véhicules affectés à une entreprise individuelle ainsi que les modèles 100 % électriques ou à hydrogène.
Si un salarié s’en sert à titre privé, l’Urssaf chiffre l’avantage en nature à 15 % du coût d’achat pour un véhicule de 5 ans ou moins, à 20 % si l’employeur paie le carburant, et à 50 % du coût global annuel en location. L’électrique bénéficie d’un abattement de 70 %, plafonné à 4 641,60 € en 2026.
Tout se vérifie sur la carte grise.
- J. La catégorie indique N1 pour un utilitaire léger.
- J1 et J2. Le genre et la carrosserie portent, le cas échéant, la mention CTTE.
- G. La masse en service est celle que retient la Ville au stationnement.
- F2. Cette case donne le PTAC.
- P3. L’énergie inscrite ici commande la classe Crit’Air.
Électrique ou thermique, la recharge pèse plus que les papiers
| Poste | Utilitaire diesel récent | Utilitaire électrique |
|---|---|---|
| Vignette Crit'Air | 2 (diesel à partir de 2011) | 0 |
| ZFE du Grand Paris | Autorisé ; Crit'Air 3 (diesel 2006-2010) interdit en semaine de 8 h à 20 h | Autorisé |
| Stationnement visiteur | Tarif d'un véhicule léger, 50 € pour 6 h en zone 2, 75 € en zone 1 | Gratuit avec le droit basse émission (masse de 2 t au plus, selon paris.fr) |
| Carte PRO Mobile | 240 € par an, puis 0,50 € de l'heure | Droit et redevance gratuits |
| TVA sur l'énergie | Gazole et essence, 100 % récupérables | Non précisée par le code général des impôts |
| Taxes annuelles (ex-TVS) | Exonéré, sauf camionnette à 3 rangs de places | Exonéré |
| Aide de la Ville de Paris | Aucune à l'achat (rétrofit électrique, jusqu'à 2 500 €) | 33 % du prix hors taxes, jusqu'à 6 000 €, à l'achat seulement |
| Prime CEE | Non | Oui, achat ou location d'au moins 24 mois |
| Recharge à Montparnasse | — | Bélib' 22 kW, 2,00 € les 15 min pour un abonné ; pas de borne rapide |
Sur les postes propres à Paris, l’électrique part avec l’avantage, et l’arbitrage se joue sur le prix d’achat et la recharge. Pour la partie mécanique, la presse automobile publie essais et comparatifs de motorisations, comme La Gazette Voiture, et ce comparatif aide à situer thermique et électrique avant de choisir. Les coûts propres à Paris, eux, sont ceux de cet article.
La Ville de Paris prend en charge 33 % du prix hors taxes d’un utilitaire N1 électrique ou à hydrogène acheté, dans la limite de 6 000 €. Sont éligibles les entreprises de moins de 50 salariés immatriculées à Paris, les franciliennes titulaires du droit PRO Mobile et les entrepreneurs individuels domiciliés à Paris. Location, location longue durée et LOA sont exclues. Le cumul des aides publiques reste limité à 50 % du prix. Le rétrofit électrique (50 % du prix hors taxes, plafonnés à 2 500 €) et le pré-équipement de recharge (60 % des travaux, plafonnés à 4 000 €) sont aussi aidés.
La Région Île-de-France ne finance plus l’achat d’un utilitaire électrique à batterie. Elle soutient le rétrofit, jusqu’à 6 000 € pour un 4 roues dans les entreprises de 50 salariés au plus, et l’hydrogène. Les certificats d’économies d’énergie ouvrent droit à une prime pour l’achat ou la location d’au moins 24 mois d’un modèle neuf conservé au moins 24 mois, bonifiée s’il est fabriqué dans l’Espace économique européen. Son montant, fixé par l’énergéticien qui la verse, n’a aucune référence officielle. La prime à la conversion est close, et Métropole Roule Propre ne concerne que les particuliers.
L’abonnement annuel à Bélib’, le réseau de la Ville, coûte 7 €. Un abonné non résident paie 2,00 € les 15 minutes sur une borne de 22 kW, et 0,33 €/kWh plus 0,37 € les 15 minutes sur une borne de 7 kW. Au-delà de 14 heures de connexion, l’heure passe à 10 €. Le 6e compte 65 points de charge, le 14e 78 et le 15e 208, mais aucune borne rapide de 43 à 50 kW n’existe près de Montparnasse, les seules se trouvant dans les 4e, 8e et 16e. Sans prise à l’atelier, la recharge sera lente.
Avant de signer, la LOA ferme la porte à l’aide de la Ville
Un utilitaire loué, en longue durée ou en LOA, perd l’aide municipale, alors que la prime CEE accepte une location d’au moins 24 mois. Le contrat se choisit en connaissant les aides visées.
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Lire la carte grise
Catégorie N1 en J, mention CTTE en J1 ou J3, énergie en P3 et date de première immatriculation : ce sont elles qui fixent la vignette, la ZFE et la TVA.
Une camionnette à 3 rangs de places perd la TVA et entre dans les taxes annuelles.
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Demander le PRO Mobile
En ligne, avec un avis de situation SIRENE de moins de 3 mois. Délai indiqué de 2 jours ouvrés.
Sans droit, chaque journée se paie au tarif visiteur, 6 heures au plus.
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Vérifier la ZFE
Crit’Air 3 ou plus : dérogation de 3 ans pour les entreprises de 10 salariés au plus, sur le portail de la Métropole.
Les sanctions reprennent le 1er janvier 2027.
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Chiffrer l’électrique
Aide de la Ville jusqu’à 6 000 € à l’achat, prime CEE à l’achat ou en location d’au moins 24 mois.
L’aide de la Ville exclut la location et la LOA.
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Signer, puis déclarer
Achat ou location, puis dossier d’aide et changement de véhicule sur le droit PRO Mobile (10 €).
L’aide de la Ville arrive environ 4 mois après acceptation, et l’entreprise avance d’ici là la totalité du prix. Prévoyez la trésorerie.
Questions fréquentes
Un utilitaire au-delà de 1,6 t paie-t-il le tarif lourd à Paris ?
Non, s’il est classé N1. Depuis la délibération 2025 DVD 22, un thermique N1 non abonné paie le tarif visiteur des véhicules légers, quelle que soit sa masse. Le tarif lourd concerne les voitures M1 et les quadricycles lourds.
Peut-on circuler en Crit’Air 3 dans Paris en semaine ?
L’interdiction s’applique du lundi au vendredi de 8 h à 20 h depuis le 1er janvier 2025, mais aucune amende n’est dressée avant le 1er janvier 2027, hors pic de pollution. Une entreprise de 10 salariés au plus peut obtenir 3 ans de dérogation.
Le droit PRO Mobile est-il accessible à un artisan installé hors de Paris ?
Oui, si l’entreprise est domiciliée en Île-de-France, exerce dans Paris avec une activité principalement mobile et relève d’un code NAF éligible. Le véhicule doit avoir 4 roues, peser moins de 3,5 t et être classé M1 ou N1.
L’aide de la Ville de Paris vaut-elle pour un utilitaire électrique en LOA ?
Elle ne s’applique qu’à un achat. La location, la location longue durée et la LOA en sont exclues.
Le dimanche, peut-on laisser son fourgon sur une aire de livraison ?
Oui, sur une aire périodique, marquée d’une ligne jaune discontinue, ouverte à tous le dimanche, les jours fériés et la nuit de 20 h à 7 h. Une aire permanente, en double ligne continue, reste réservée aux livraisons 24 h/24.
L’essentiel
- Stationnement. Une journée de 6 heures coûte 50 € en zone 2 au tarif visiteur et 3 € avec PRO Mobile, dont l’abonnement s’amortit en 6 journées.
- Tarif lourd. Les thermiques N1 en sont sortis en février 2025, quelle que soit leur masse.
- ZFE. Aucune amende avant le 1er janvier 2027 hors pic de pollution, et jusqu’à 3 ans de dérogation pour une petite entreprise.
- Fiscalité. La TVA se récupère sur l’achat et à 100 % sur le carburant, sans plafond d’amortissement ni malus pour un fourgon N1.
- Électrique. La Ville aide l’achat jusqu’à 6 000 €, mais aucune borne rapide Bélib’ n’existe près de Montparnasse.
Commencez par la carte grise du véhicule, actuel ou visé, puis déposez la demande PRO Mobile avec un avis SIRENE récent. Si le fourgon tombe sous le coup de l’interdiction, demandez la dérogation ZFE avant la fin de l’année. Pour un électrique, choisissez un financement compatible avec l’aide de la Ville. Elle exige un achat.